Cinquante ans après la guerre, elle retrouve son père, ancien GI

Elle m’a aussi confié un paquet de lettres que par pudeur, je n’ai jamais lues. Mais j’avais enfin un nom et une adresse. Mon père n’était plus un inconnu. A la maison, le sujet est resté tabou, d’autant que ma grand-mère avait connu un soldat américain durant la Première guerre mondiale dont elle avait eu un enfant : ma mère.

Malgré cette absence, j’ai construit ma vie. Un jour, Marie-Hélène, la plus jeune de mes deux filles, s’est lancée dans la recherche de ce grand-père américain. Travaillant dans une compagnie aérienne, elle a inventé une histoire de bagages perdus pour vérifier son adresse et miracle, il n’avait pas déménagé ! Au début, je n’ai rien entrepris puis j’ai décidé de le contacter. C’est l’une des lettres les plus difficiles que j’ai eu à écrire. Comment débuter ? « Cher Monsieur, Cher papa »… Un mois plus tard, j’ai reçu une réponse. En découvrant l’enveloppe dans la boite aux lettres, j’avais les jambes qui tremblaient. J’ai dû m’asseoir pour la lire. Cliff confirmait être mon père. En septembre 1994, nous nous sommes envolées ma fille et moi pour Kansas City. J’y suis retournée cinq ans de suite. La dernière fois, c’était en 1999. J’ai toujours été bien accueillie mais je me suis lassée. J’ai attendu longtemps un signe de lui, un mot qui m’aurait permis de comprendre pourquoi il ne m’avait pas reconnue. La seule chose qu’il m’ait donné ce sont ses plaques militaires avec la chaîne et quelques photos. Peut-être aurait-il eu envie de me montrer plus d’affection mais il ne l’a pas fait par égard pour sa deuxième fille, très jalouse de ces retrouvailles.

Aujourd’hui, mon père a 97 ans. Il vit dans une résidence pour seniors. Nous continuons de nous écrire. Je suis heureuse de l’avoir retrouvé car j’ai toujours eu l’impression de l’avoir attendu toute ma vie. Mais celle à qui il a le plus manqué c’est Maman. Le jour où je lui ai dit que je l’avais retrouvé, elle m’a lancé un regard que je n’oublierai jamais. Un mélange de surprise, de colère et de tristesse qui résumait bien la nature des sentiments qui l’habitaient toujours cinquante ans après."

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